Décrire en quelques phrases ce que l’on souhaite obtenir et laisser l’IA produire le code: c’est le «vibe coding», une pratique qui se généralise à grande vitesse. Chez Anthropic, 70 à 90 % du code interne serait déjà généré par l’IA, selon son CEO, Dario Amodei. Mais une étude publiée fin janvier 2026 par l’Université d’Europe centrale et l’Institut de Kiel met en garde: ce gain de productivité se fait au détriment de l’écosystème open source qui le rend possible.
En cause, un effet de «médiation» : l’IA sélectionne et assemble des briques logicielles libres en arrière-plan, sans que l’utilisateur interagisse avec les mainteneurs. Or ces contributeurs — qui ne captent que 0,1 % de la valeur créée par leur travail — dépendent de cette interaction : signalements de bugs, reconnaissance, opportunités professionnelles. Sans ce retour, leur motivation s’érode.
Le risque n’est pas que les grands projets disparaissent du jour au lendemain, mais que les projets émergents ne parviennent plus à décoller — ce que les auteurs appellent le «cold start problem». Pour les PME qui s’appuient sur l’IA pour développer ou automatiser, l’enjeu est concret: la qualité du code généré dépend d’un écosystème que le vibe coding contribue, paradoxalement, à affaiblir.