Le dépistage du cancer du sein progresse grâce à l’IA. Une étude récemment publiée dans Nature Cancer, menée sur 175 000 femmes au Royaume-Uni, montre que l’IA détecte 25 % des tumeurs qui échappent aux radiologues. Le taux de détection global passe de 7,54 à 9,33 cancers pour 1 000 femmes. Une autre étude suédoise (MASAI) parue dans The Lancet en janvier 2026 confirme la tendance sur plus de 100 000 femmes.
Les bénéfices dépassent la sensibilité diagnostique. L’IA réduit de 39 % les rappels inutiles lors des premiers dépistages, qui inquiètent les patientes sans nécessité, et fait gagner un tiers de temps de lecture. Utilisée comme deuxième lecteur, elle peut alléger la charge des radiologues d’environ 40 %. Elle ne remplace pas le médecin: elle libère du temps clinique pour ce qui demande le jugement humain — biopsies, cas complexes, dialogue avec les patientes.
Pour la Suisse, l’enjeu est concret. Tous les cantons romands proposent un dépistage organisé pour les femmes de 50 à 74 ans, et la pénurie de radiologues touche aussi notre pays. Le Réseau Radiologique Romand utilise déjà un algorithme d’IA dans ses centres. À mesure que les preuves s’accumulent — cancer du sein, cancer du pancréas détecté plus tôt, analyse génétique plus fine — l’IA s’attaque aux vrais goulots du système de santé: précocité du diagnostic, temps des spécialistes, organisation du parcours patient.