La vidéo générée par intelligence artificielle a changé de statut. Portée par une série d’améliorations successives, elle est passée en quelques mois de la démonstration à un usage de production. Les modèles récents produisent des plans en haute définition, avec son intégré (dialogues, bruitages, ambiance) à partir d’une simple description écrite.
Pour les organisations, l’intérêt est direct. Ce qui supposait hier un tournage, du matériel et une agence se fait désormais depuis un navigateur: une démonstration de produit, un visuel de campagne, une courte séquence pour les réseaux. Le coût de la vidéo, longtemps prohibitif pour une petite structure, cesse d’être l’obstacle principal.
Mais il faut avoir conscience des limites. Sur le plan technique, les séquences restent courtes, de l’ordre de huit secondes, et demandent un travail d’assemblage pour tenir un récit. Sur le plan juridique, reproduire un visage, une voix ou une marque expose à des litiges, et la transparence devient une obligation qui vise le fournisseur comme l’entreprise utilisatrice : l’article 50 de l’AI Act de la Commission européenne imposera, dès août 2026, de rendre détectables et signalés les contenus générés ou manipulés par IA.