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Les PME romandes face à l’IA : l’intégration progresse de 12 pourcents en un an

L’intégration de l’intelligence artificielle dans les PME suisses progresse rapidement : sa part passe de 22 % à 34 % en un an. Cette évolution traduit un passage progressif de l’expérimentation à l’utilisation opérationnelle. Les gains de temps deviennent plus visibles, mais les usages restent principalement concentrés sur la traduction, la correspondance et certaines tâches administratives. L’effet immédiat sur l’emploi demeure limité : l’IA transforme davantage les compétences recherchées que le volume global de personnel.

La progression ne se limite pas à une augmentation du nombre d’utilisateurs. Elle traduit un changement de maturité : 34 % des PME déclarent désormais intégrer consciemment l’IA dans leurs processus, contre 22 % un an auparavant. Cela représente une hausse de 12 points de pourcentage, soit environ 55 % en valeur relative. Parallèlement, 37 % restent dans une logique d’expérimentation et 29 % n’utilisent encore aucun outil d’IA. L’IA est donc entrée dans une large majorité des PME, mais seule une entreprise sur trois a réellement franchi le stade de l’intégration opérationnelle.

Les usages les plus fréquents restent relativement accessibles : 52 % des PME recourent à l’IA pour la traduction et 47 % pour la correspondance. Des applications plus structurantes progressent néanmoins rapidement : l’optimisation des étapes de travail passe de 23 % à 34 %, tandis que l’analyse de données progresse de 22 % à 32 %. L’adoption demeure donc largement portée par la communication, mais commence à toucher les processus et l’exploitation des données.

L’IA s’installe dans les processus des PME

Répartition des PME selon leur niveau d’intégration de l’IA, en pourcentage.

Cette lecture est cohérente avec l’enquête menée en Suisse romande par Qualinsight en 2024. Parmi les professionnels interrogés, 55 % utilisaient l’IA au travail au moins occasionnellement, mais seulement 26 % régulièrement et 6 % quotidiennement. Les assistants conversationnels représentaient 80 % des outils employés. Le support administratif arrivait en tête des fonctions assistées, devant le marketing et la R&D. Seulement 15 % des répondants avaient suivi une formation à l’IA.

Les bénéfices commencent à être mesurables. Parmi les PME qui utilisent l’IA, 57 % constatent un gain de temps, contre 46 % en 2024. L’incidence immédiate sur l’emploi reste toutefois faible : 2 % indiquent avoir réduit leurs besoins en personnel, alors que 10 % déclarent avoir créé des postes. Cette comparaison ne permet pas de calculer un solde net d’emplois, car elle mesure une proportion d’entreprises et non un nombre de postes. Elle montre néanmoins que, pour le moment, l’IA est plus souvent associée à une adaptation ou à une création de fonctions qu’à des suppressions.

La principale transformation concerne les compétences. Environ 30 % des PME ayant une expérience de l’IA déclarent que ces outils modifient déjà les profils recherchés. Les besoins se déplacent vers la maîtrise des outils, l’analyse critique des résultats, la protection des données et la capacité à intégrer l’IA dans les processus métier.

Le retard le plus préoccupant concerne justement la gouvernance. Seul un tiers des PME utilisatrices encadre les données que les collaborateurs peuvent transmettre aux outils d’IA. Cette proportion tombe à 23 % parmi les entreprises de cinq à neuf employés. L’adoption progresse donc plus rapidement que les règles internes, la formation et la maîtrise des risques.


Sources
  • AXA/Sotomo — Étude sur le marché de l’emploi des PME 2025 : www.axa.ch
  • AXA/Sotomo — Rapport complet 2025, en allemand : www.axa.ch
  • Qualinsight — L’intelligence artificielle en Suisse romande : usages, freins et perspectives : qualinsight.ch