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Le capital-risque suisse repart - la Romandie capte 909 millions

Après deux années de contraction, l’investissement dans les start-up suisses rebondit de 23,9 % en 2025 pour atteindre 2,948 milliards de francs. Cette reprise ne s’accompagne toutefois pas d’une augmentation du nombre de financements : les capitaux progressent alors que les tours restent quasiment stables. Les séries A atteignent un record et la Romandie capte 909 millions de francs selon EY, confirmant son rôle de deuxième pôle suisse après Zurich.

Le retournement est net. Après un sommet de 3,968 milliards de francs en 2022, les investissements avaient reculé à 2,597 milliards en 2023, puis à 2,378 milliards en 2024. Ils remontent à 2,948 milliards en 2025, soit une progression annuelle de 23,9 %. Le marché efface ainsi le recul de 2024, mais demeure encore 25,7 % sous son record de 2022.

Cette reprise ne correspond pas à une multiplication des opérations. Le rapport comptabilise 354 tours en 2025, contre 357 en 2024. Le nombre de financements diminue donc légèrement, alors que le volume total progresse fortement. Plus révélateur encore, le montant médian communiqué par tour recule de 3 à 2,6 millions de francs. Le rebond est ainsi principalement alimenté par la progression des opérations les plus importantes, et non par une hausse généralisée des montants.

Investissements en capital-risque en Suisse

Montants investis dans les start-up suisses entre 2021 et 2025, en milliards de francs. Source : Swiss Venture Capital Report 2026, Startupticker/SECA. Périmètre méthodologique constant.

Les vingt principaux tours représentent 1,558 milliard de francs, soit 53 % de l’ensemble des capitaux investis. Leur volume cumulé progresse de 33 % en un an. Le rapport recense également 32 opérations supérieures à 20 millions de francs, contre 31 en 2024. La reprise reste donc sélective, mais parler de start-up « de meilleure qualité » irait au-delà de ce que les données permettent d’établir.

Le signal le plus favorable concerne les entreprises en phase de développement initial. Les financements early-stage atteignent 1,1168 milliard de francs, contre 647,2 millions en 2024, soit une hausse de 73 % et un record historique. Cette progression intervient alors que le nombre de tours early-stage et de séries A diminue de près de 10 % : quelques séries A importantes ont donc fortement relevé le volume total.

Une précision méthodologique est nécessaire : dans le Swiss Venture Capital Report, les catégories seed et early-stage/série A sont distinguées. Les 1,117 milliard ne correspondent donc pas à l’addition du seed et des séries A. Le seed représente séparément 298 millions de francs, en hausse de 23,8 %.

L’ICT porte une part importante du rebond

Le redressement est particulièrement visible dans l’ICT. Les investissements dans les start-up du logiciel et de l’internet passent de 315,9 millions à 773,6 millions de francs, soit une augmentation proche de 150 %. L’ICT retrouve ainsi approximativement son niveau de 2019 après une année 2024 exceptionnellement faible.

La biotech reste néanmoins le premier moteur sectoriel. Elle établit un record à 946,4 millions de francs, environ 25 % au-dessus de son précédent sommet. L’augmentation nationale repose donc largement sur deux piliers technologiques : le retour de l’ICT et la vigueur persistante des sciences de la vie.

La Romandie confirme son rôle de deuxième pôle

Selon l’EY Startup Barometer Switzerland 2026, les start-up romandes ont levé 909 millions de francs en 2025 au cours de 165 tours de financement. Cela représente environ 27 % des 3,3 milliards de francs recensés par EY à l’échelle suisse.

La région zurichoise demeure en tête avec près de 1,3 milliard de francs et 213 opérations. Ensemble, Zurich et la Romandie concentrent 65 % des capitaux investis et plus de 70 % des tours recensés par EY. Cette concentration confirme le poids stratégique de l’arc lémanique et, plus largement, de la Suisse romande dans le financement de l’innovation nationale.


Méthodologie
Les résultats de SECA/Startupticker et d’EY ne doivent pas être réunis dans une même série statistique. Le Swiss Venture Capital Report recense principalement les investissements en fonds propres d’au moins 100’000 francs réalisés par des investisseurs à but lucratif dans des start-up établies en Suisse. EY retient un périmètre plus large, comprenant notamment le capital-risque, le private equity, les subventions et certains instruments convertibles. Les 909 millions romands doivent donc rester rattachés au total EY, tandis que le graphe historique doit utiliser exclusivement la série SECA/Startupticker.

Sources