Observatoire du Numérique
Secteur ICT 1  /  4

Synthèse générale

L’analyse fait ressortir sept conclusions principales sur le poids, les transformations et les défis du secteur ICT en Suisse, ainsi que sur les spécificités, les atouts et le potentiel de développement de la Suisse occidentale.


  1. L’ICT suisse représente environ 207 600 emplois et 22 500 entreprises en 2023. Sa part dans le PIB atteint approximativement 5,28 %. La croissance depuis 2011 est presque exclusivement portée par les logiciels, le conseil, les données et les autres services informatiques.

  2. Le secteur est devenu une économie de services. Les logiciels et services de données représentent 68,4 % des emplois et plus de 91 % des entreprises ICT en 2023. La fabrication et surtout le commerce de gros ont reculé depuis 2011.

  3. La demande de compétences dépasse le seul secteur ICT. La Suisse comptait environ 266 000 personnes exerçant une profession ICT en 2024, contre environ 207 600 emplois dans les entreprises ICT : de nombreux spécialistes travaillent donc dans les banques, l’industrie, la santé, les administrations ou le commerce.

  4. Le déficit de compétences constitue la contrainte structurelle la mieux documentée. Le scénario de référence sectoriel estime à 54 400 le besoin de formation supplémentaire d’ici 2033, après prise en compte de la formation déjà attendue et de l’immigration. Il s’agit d’une prévision, pas d’un nombre actuel de postes vacants.

  5. La Suisse occidentale représente 19,6 % des emplois ICT suisses, alors qu’elle regroupe 25,1 % de l’ensemble des emplois du pays. Le secteur ICT y est donc sous-représenté, avec un indice de spécialisation de 0,78.

  6. La Suisse occidentale n’est pas un marché homogène. Genève et Vaud concentrent les logiciels et le conseil ; Neuchâtel et Jura présentent une spécialisation marquée dans les composants électroniques ; Fribourg a un profil mixte ; le Valais combine services informatiques, télécommunications et actifs de recherche en IA.

  7. La région dispose d’actifs scientifiques exceptionnels mais fragmentés : EPFL, CSEM, Idiap, CERN, UNIGE, HEIA‑FR, Université de Fribourg et HE‑Arc. Le défi stratégique est moins la création de connaissances que leur conversion en entreprises capables de croître, recruter et commercialiser à l’international.